PER : un nouveau cas de déblocage anticipé si votre enfant est gravement malade.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est l’un des placements préférés des Français pour préparer leur retraite tout en réduisant leur impôt sur le revenu. Depuis sa création en 2019 dans le cadre de la loi PACTE, il séduit de plus en plus d’épargnants : on compte aujourd’hui près de 13 millions de titulaires en France. Son principe est simple : les sommes versées sont bloquées jusqu’à la retraite, sauf dans certaines situations exceptionnelles permettant un déblocage anticipé du PER.
La loi du 12 juin 2026, entrée en vigueur le 14 juin, ouvre un nouveau cas de déblocage anticipé, inédit et particulièrement important pour les parents : la maladie grave, le handicap ou l’accident d’une particulière gravité touchant un enfant à charge.
Voici tout ce qu’il faut savoir.
Quand peut-on débloquer son PER de manière anticipée ?
Par définition, le PER est un placement bloqué jusqu’au départ à la retraite. Mais la loi prévoit plusieurs situations exceptionnelles qui permettent de récupérer tout ou partie de son épargne avant terme.
Avant la loi du 12 juin 2026, ces cas étaient au nombre de sept :
- Le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs,
- L’invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants (invalidité de 2e ou 3e catégorie),
- Le surendettement du titulaire,
- L’expiration des droits au chômage,
- La cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire,
- L’achat de la résidence principale (uniquement pour les sommes issues de versements volontaires et d’épargne salariale, hors versements obligatoires),
- La fin du mandat social sans liquidation judiciaire pour certains dirigeants.
Depuis le 14 juin 2026, un nouveau cas s’ajoute à cette liste.
Nouveau cas de déblocage du PER : maladie grave, handicap ou accident d’un enfant à charge
La loi n° 2026-492 du 12 juin 2026, publiée au Journal officiel le 13 juin, crée un nouveau motif de déblocage anticipé du PER. Il permet aux parents de retirer tout ou partie du capital placé sur leur PER lorsque leur enfant à charge est confronté à :
- une affection grave (cancer, maladie rare, pathologie lourde…),
- un handicap,
- ou un accident d’une particulière gravité.
La mesure s’applique à tous les types de PER, qu’ils soient assurantiels (fonctionnant comme un contrat d’assurance vie) ou bancaires (fonctionnant comme un compte-titres). Elle concerne le PER individuel, le PERECO (PER collectif d’entreprise) et le PERO (PER obligatoire). Attention : les anciens PERCO encore en cours ne sont pas concernés par cette mesure.
Avant le 14 juin 2026, un parent dont l’enfant était atteint d’un cancer pédiatrique ou d’une maladie rare grave ne pouvait débloquer son PER pour invalidité que si l’enfant avait obtenu une reconnaissance officielle d’invalidité de 2e ou 3e catégorie. En effet, il s’agit d’une incapacité absolue d’exercer toute profession ou la nécessité d’une assistance tierce au quotidien. Un seuil administratif très élevé, souvent incompatible avec l’urgence des situations réelles.
La loi de 2026 déconnecte le droit au déblocage de cette procédure administrative et l’ouvre à toute affection grave, tout handicap ou tout accident d’une particulière gravité. Une avancée concrète pour des dizaines de milliers de familles qui font face à des dépenses médicales importantes, des aménagements de domicile, des soins non remboursés, ou une perte de revenus liée à la réduction d’activité pour accompagner leur enfant.
Quelle fiscalité lors du déblocage ?
Le déblocage anticipé du PER pour ce nouveau motif n’est pas neutre fiscalement. Il suit les règles habituelles applicables aux sorties anticipées :
- Les sommes correspondant à des versements volontaires déductibles sont soumises à l’impôt sur le revenu au moment du retrait.
- Les plus-values réalisées sur le contrat sont soumises aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis 2026).
💡 Notre conseil : avant de déclencher un déblocage, il est indispensable d’évaluer l’impact fiscal de l’opération selon votre tranche marginale d’imposition. Selon votre situation, des alternatives peuvent s’avérer plus avantageuses : rachat partiel sur une assurance-vie de plus de 8 ans, avance sur contrat, ou recours à un crédit dont le remboursement peut être suspendu si vous percevez l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) — une autre mesure introduite par cette même loi.
Vous êtes concerné ?
Si votre enfant est atteint d’une maladie grave, d’un handicap ou a subi un accident sérieux, vous pouvez désormais contacter votre gestionnaire de PER pour engager une demande de déblocage. Les justificatifs médicaux seront à fournir pour que le droit au déblocage soit reconnu.
Nos conseillers Grisbee sont disponibles pour analyser votre situation et vous orienter vers la solution la plus adaptée, qu’il s’agisse d’un déblocage de PER ou d’une autre option patrimoniale.

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