PER après 70 ans : les évolutions fiscales de la loi de finances 2026.
Les règles fiscales du Plan d’Épargne Retraite (PER) ont changé pour les épargnants âgés de 70 ans et plus.
Une réforme discrète, adoptée dans le cadre de la loi de finances 2026, mais aux conséquences bien réelles pour des centaines de milliers de titulaires de PER.
Chez Grisbee Gestion Privée, nous avons accompagné plusieurs clients confrontés à cette situation depuis le début de l’année. Voici ce que vous devez savoir.
Avant 2026 : le PER, un outil sans limite d’âge
Avant la loi de finances 2026, le PER offrait un avantage fiscal particulièrement généreux : les versements volontaires étaient déductibles du revenu imposable quel que soit l’âge du titulaire, dans la limite des plafonds légaux (10 % des revenus professionnels de l’année précédente).
Cette absence de barrière d’âge avait ouvert la voie à des stratégies d’optimisation patrimoniale tardives, notamment très prisées des professions libérales, des indépendants en fin de carrière, et de certains retraités en cumul emploi-retraite.
Ces derniers pouvaient effectuer des versements conséquents jusqu’à un âge avancé, abaisser leur tranche marginale d’imposition, et organiser une transmission avantageuse via le capital constitué.
Pourquoi cette réforme ?
Selon Bercy, environ 15 % des détenteurs de PER concentraient près de 60 % des encours, avec des versements massifs après 70 ans visant principalement la transmission hors droits de succession. L’objectif affiché de la réforme est de recentrer l’avantage fiscal sur la phase active de préparation à la retraite.
Ce qui change concrètement pour le PER à partir de 2026
1. La fin de la déductibilité après 70 ans
C’est la mesure phare. Tous les versements volontaires effectués sur un PER après le 70e anniversaire du titulaire sont désormais non déductibles. Cela concerne l’ensemble des véhicules : PER individuel (PERIN), PER collectif (PERECO) et PER obligatoire.
L’épargne salariale versée sur un PER est également touchée : intéressement, participation, abondement employeur ne sont plus exonérés d’impôt sur le revenu lorsque le bénéficiaire a 70 ans ou plus.
2. Des prélèvements sociaux en hausse
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a par ailleurs relevé la CSG sur les revenus de placement de 9,2 % à 10,6 %.
Résultat : les prélèvements sociaux sur les gains du PER passent de 17,2 % à 18,6 %, et le PFU applicable aux plus-values monte à 31,4 %.
L’assurance-vie, elle, échappe à cette hausse et conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 %.
💡En savoir + : Hausse de la CSG à 10,6% : quels impacts sur vos placements et la flat tax ?
3. Un report des plafonds étendu à 5 ans
En contrepartie, une mesure plus favorable : le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans. Si vous n’avez pas saturé votre plafond de déduction une année, vous disposez désormais d’une fenêtre plus large pour le rattraper. Une opportunité à saisir avant vos 70 ans.
Avant / Après : le récapitulatif en un coup d’œil
| Règle | Avant 2026 | Depuis la loi de finances 2026 |
|---|---|---|
| Déductibilité des versements après 70 ans | Oui | Supprimée |
| Prélèvements sociaux sur les gains | 17,2 % | 18,6 % |
| PFU sur les plus-values (sortie capital) | 30 % | 31,4 % |
| Report des plafonds non utilisés | 3 ans | 5 ans |
| Possibilité de continuer à alimenter le PER après 70 ans | Oui | Oui (sans avantage fiscal à l’entrée) |
Ce qui reste avantageux dans le PER après 70 ans
La réforme ne signe pas la mort du PER pour les seniors. L’enveloppe conserve des atouts réels, notamment à la sortie.
La sortie en capital reste exonérée d’impôt sur les versements
Pour les versements effectués après 70 ans (donc non déduits à l’entrée), la sortie en capital est exonérée d’impôt sur le revenu sur les primes versées. Seules les plus-values sont soumises au PFU de 31,4 %. La logique fiscale est simplement inversée : pas d’avantage à l’entrée, mais exonération partielle à la sortie.
La sortie en rente : une fiscalité allégée au grand âge
En cas de sortie en rente viagère, le régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) s’applique. Seule une fraction de la rente est imposable, et cette fraction diminue avec l’âge :
- 40 % de la rente est imposable si le bénéficiaire a entre 60 et 69 ans
- 30 % seulement si le bénéficiaire a 70 ans ou plus
Ce régime reste attractif pour ceux qui souhaitent un revenu complémentaire à vie, notamment dans une logique de maintien de niveau de vie ou de financement de la dépendance.
💡 Même sans déduction à l’entrée, le PER peut rester pertinent après 70 ans pour faire fructifier un capital dans une enveloppe structurée, diversifier par rapport à l’assurance-vie, ou générer une rente viagère à fiscalité réduite.
Peut-on encore ouvrir un PER après 70 ans ?
Oui, un épargnant peut encore ouvrir un PER après 70 ans. Il n’y a aucune restriction d’âge à l’ouverture d’un PER. Simplement, les versements effectués après 70 ans ne bénéficient plus de la déduction fiscale à l’entrée.
Votre PER est-il encore optimisé en 2026 ?
Nos conseillers analysent votre situation patrimoniale et vous proposent les ajustements adaptés à votre profil, votre fiscalité et vos objectifs.
