États-Unis vs. Europe : où faut-il investir en 2025 ?
En ce début d’année 2025, les marchés financiers évoluent dans un climat d’incertitude marqué par des bouleversements majeurs et des dynamiques contrastées entre les États-Unis et l’Europe.
Alors que les actions américaines ont affiché des performances solides en 2024, l’Europe a connu une période plus mitigée.
Cependant un tournant semble se dessiner : si les États-Unis restent au-devant de la scène, l’Europe – et en particulier l’Allemagne – montre des signes encourageants de reprise.
Cette dynamique pourrait-elle marquer le début d’un nouveau cycle pour l’Europe et offrir des opportunités d’investissement attractives ?
De l’autre côté de l’Atlantique, la réélection de Donald Trump aux États-Unis a déjà donné lieu à des annonces économiques et commerciales significatives, impactant les marchés mondiaux.
Dans un contexte où les disparités économiques et les tensions géopolitiques nourrissent l’incertitude, les États-Unis et l’Europe offrent des perspectives contrastées, porteuses à la fois de défis et d’opportunités.
Mais alors, où investir en 2025 ?
Afin de vous apporter des éclairages précis, nous avons organisé un webinaire exclusif :
“États-Unis vs. Europe : où faut-il investir en 2025 ? 💥”
🎙️ Avec JP Morgan Asset Management et BDL Capital Management.
Au sommaire de cette conférence :
- Décryptage des dynamiques économiques et financières des deux continents,
- Les convictions de nos experts sur les opportunités et les risques à surveiller,
- Quelle stratégie adopter en 2025 ?
Une année 2024 américaine flamboyante… mais des signaux d’essoufflement
L’économie américaine a surpris par sa robustesse en 2024. Croissance du PIB, plein emploi, consommation soutenue, notamment chez les ménages les plus aisés : tous les indicateurs semblaient au vert. Louis-Charles, de J.P. Morgan AM, le confirme :
« L’exceptionnalisme américain s’est encore vérifié en 2024. »
En Bourse, le S&P 500 a progressé de plus de 25 %, tandis que le Nasdaq affichait des performances encore plus spectaculaires. Ces chiffres sont d’autant plus remarquables que dans le même temps, le CAC 40 ou l’Euro Stoxx 50 restaient à la traîne.
La victoire de Donald Trump en novembre 2024 a renforcé le sentiment pro-business des marchés en fin d’année, avant même sa prise de fonction. Ses annonces de baisse d’impôts, de déréglementation, et de réindustrialisation des États-Unis ont alimenté des anticipations favorables sur certains secteurs, notamment la défense, les banques et l’énergie.
2025 : incertitudes et signaux de ralentissement
Mais depuis le début de l’année 2025, les marchés américains montrent des signes de tension :
- Un ralentissement de la consommation,
- Une hausse du taux d’épargne,
- Et un climat d’incertitude alimenté par les décisions parfois erratiques de la nouvelle administration.
Or, la consommation représente près de 70 % du PIB américain, ce qui en fait un indicateur central de la croissance. En 2024, ce sont notamment les 10 % des ménages les plus aisés qui ont tiré la consommation, représentant à eux seuls 50 % de la dépense globale. Si ce moteur commence à fléchir, l’ensemble de l’économie américaine peut en être affecté.
« Le consommateur américain commence à freiner ses dépenses. Cela pourrait peser sur les résultats d’entreprises », alerte Louis-Charles Nérot.
Les prises de position changeantes de Donald Trump, notamment sur les droits de douane vis-à-vis de la Chine et de l’Europe, ont accru l’incertitude. Comme le souligne Laurent Chaudeurge, l’instabilité réglementaire limite la visibilité des dirigeants, qui reportent certains investissements industriels dans l’attente de clarifications.
Par ailleurs, les marchés américains restent chèrement valorisés, avec un ratio cours/bénéfices supérieur à 22, nettement au-dessus de la moyenne historique de 16. Louis-Charles précise :
« Les entreprises américaines délivrent, mais elles sont pricées pour l’excellence. », les actions américaines restent très chères par rapport à leurs moyennes historiques.
L’Europe en 2025 : performances boursières et retour de l’optimisme
À l’inverse, l’Europe bénéficie d’un retournement inattendu. En fin d’année 2024, l’ambiance était morose : croissance stagnante, inflation persistante, faible compétitivité, dette publique élevée dans plusieurs pays. Ce pessimisme était notamment vis-à-vis de la France et de l’Allemagne, avec une anticipation de croissance pour 2025 autour de 0,8 %, contre 2,3 % aux États-Unis.
Pourtant, depuis janvier, les indices européens surperforment les marchés américains, portés par une série de signaux positifs. Le CAC 40 gagne plus de 9 % depuis le début de l’année, tandis que le S&P 500 recule légèrement.
« Il y avait un excès de pessimisme sur l’Europe. Il suffisait d’une étincelle pour que la dynamique s’inverse », analyse Laurent Chaudeurge de BDL Capital Management.
Le plan de relance allemand, moteur de croissance pour l’Europe
Cette étincelle, c’est l’annonce d’un plan de relance colossal en Allemagne, considéré comme un véritable « game changer » :
- 500 milliards d’euros consacrés à la défense, exclus du calcul de la dette publique par un ajustement constitutionnel,
- 500 milliards d’euros pour les infrastructures : routes, écoles, réseaux énergétiques, transports.
Totalisant 1 000 milliards d’euros sur dix ans, soit 20 % du PIB allemand. Ce plan pourrait ainsi tripler la croissance naturelle de l’Allemagne, aujourd’hui autour de 0,3 %, pour atteindre jusqu’à 1,2 % par an en moyenne sur la période. L’impact est d’autant plus significatif que l’Allemagne représente un quart du PIB de la zone euro.
« Cela signifie une croissance structurelle renforcée pour l’Allemagne, mais aussi un effet d’entraînement sur l’ensemble de la zone euro » souligne Laurent Chaudeurge.
S’y ajoutent plusieurs catalyseurs :
- Des taux courts qui devraient continuer à baisser, la BCE ayant déjà préparé le terrain pour deux baisses en 2025,
- Une hausse des salaires réels pour la troisième année consécutive, soutenant le pouvoir d’achat et donc la demande intérieure,
- Des signaux de stabilisation en Chine, partenaire commercial clé pour l’Europe, notamment sur les exportations industrielles,
- Et un regain de confiance progressif des investisseurs, avec une reprise de la collecte sur les actions européennes après trois années de flux négatifs.
États-Unis vs. Europe : des convictions d’investissement contrastées
Côté BDL Capital Management : sélectivité et stratégie long/short
Laurent Chaudeurge défend une stratégie double :
- Miser sur les gagnants du plan allemand, comme la construction (Saint-Gobain, Vinci) et les banques,
- Se montrer sélectif dans la consommation de base, résiliente en cas de ralentissement,
- Éviter les secteurs sous pression, comme l’automobile et les utilities,
- Et se couvrir contre un éventuel repli américain, en shortant certaines valeurs exposées au consommateur US.
« La partie short de notre gestion est un levier de performance en cas de baisse. Elle nous permet de naviguer dans les incertitudes actuelles » explique-t-il.
Côté J.P. Morgan Asset Management : équilibre et thématiques défensives
Louis-Charles Nérot prône une approche équilibrée et diversifiée. Si l’Europe montre des signaux positifs, les États-Unis demeurent incontournables à long terme.
« Il serait dangereux d’enterrer trop vite l’Amérique. C’est 65 % des indices mondiaux et le cœur de l’innovation globale », rappelle-t-il.
Ses convictions pour 2025 :
- Rester présent sur les actions américaines via des fonds équilibrés (croissance + value),
- Exploiter la volatilité européenne grâce à des stratégies long/short,
- Miser sur les dividendes, revenus stables et protecteurs en période d’incertitude,
- Favoriser la santé, secteur défensif, innovant et encore raisonnablement valorisé.
Allocation d’actifs en 2025 : la clé reste la diversification
Le message des deux experts est clair : diversifier et adapter l’allocation aux objectifs patrimoniaux de chacun.
L’Europe bénéficie d’une dynamique plus favorable à court terme. Les États-Unis, malgré des doutes actuels, offrent des atouts structurels majeurs. La vraie clé réside dans l’équilibre.
« Une allocation 50/50 entre actions européennes et américaines est déjà une surpondération de l’Europe », selon Louis-Charles Nérot de JP Morgan AM.
Et Laurent Chaudeurge de conclure :
« Si l’Europe confirme ses bonnes surprises, elle a encore un fort potentiel de revalorisation. »
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Replay “États-Unis vs. Europe : où faut-il investir en 2025 ?”
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